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Devrez-vous installer un nouveau navigateur quand Windows vous le proposera ?  

Chaque utilisateur de Windows recevra en mars une « mise à jour » lui proposant de sélectionner un ou plusieurs navigateurs Web en vue de leur installation. Cette proposition résulte d’un accord entre la commission européenne et Microsoft visant à donner le choix de leur navigateur aux utilisateurs de Windows. Analyse et conseils.

Quelques centaines de millions d’utilisateurs européens de Windows (Windows XP, Vista et Windows 7) vont voir s’afficher dans les jours qui viennent le message suivant :

 

 

Il s’agit de demander à l’utilisateur d’installer, s’il le souhaite, un ou plusieurs navigateurs en complément d’Internet Explorer déjà présent sur leur PC.

Pourquoi cette question ?

Ce choix proposé à l’utilisateur résulte d’un accord intervenu entre la commission européenne et Microsoft pour mettre un terme à une procédure engagée contre l’éditeur de logiciels.

Cette procédure résultait d’une plainte déposée en janvier 2009 par une société d’origine norvégienne éditant le navigateur Opera. La plainte visait Microsoft pour abus de position dominante au motif que l’inclusion d’Internet Explorer dans Windows constituait un obstacle à l’installation de navigateurs concurrents.

Afin d’éviter une condamnation par la commission européenne, Microsoft a accepté de diffuser cette « mise à jour » incitant chaque utilisateur à installer le navigateur de son choix sur sa machine.

Comment choisir ?

Après avoir pris connaissance de l’avertissement ci-dessus, l’utilisateur se verra présenter un écran similaire à celui-ci :

 

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Il pourra alors sélectionner un ou plusieurs navigateurs dans cette liste en vue de les installer sur son PC.  

Une fois cliqué sur le bouton « installer », l’utilisateur se verra diriger vers un site où il pourra télécharger et installer le navigateur choisi qui deviendra le navigateur par défaut de la machine.

Deux cas de figures peuvent se présenter :

* Vous disposez déjà du ou des navigateurs que vous souhaitez utiliser. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de lancer une installation, il vous suffit de fermer cette fenêtre

* Vous souhaitez installer un ou plusieurs de ces navigateurs. Il vous faudra lancer l’installation du navigateur voulu qui deviendra alors le navigateur par défaut. A noter que dans ce cas, l’icône d’Internet Explorer disparaitra de votre barre des tâches, ce qui ne signifie pas que ce navigateur soit désinstallé. En tapant « Internet Explorer » dans le menu démarrer, vous pourrez lancer à nouveau ce navigateur. Pour une exécution ultérieure plus facile d’Internet Explorer, il suffira de créer un raccourci sur le bureau ou dans la barre des tâches.

Il est utile de savoir que plusieurs navigateurs peuvent parfaitement coexister sur une même machine, chaque outil disposant de caractéristiques particulières qui le prédisposent à certains types de tâches. Par contre, un seul navigateur sera considéré comme le navigateur par défaut par le système à un moment donné. Il est assez facile néanmoins de changer le navigateur par défaut en précisant son choix grâce à l’outil « Programmes par défaut » de Windows.

Quel sera l’impact de cette procédure sur les parts de marché des différents navigateurs ?

L’accord intervenu entre Microsoft et la commission européenne s’explique par la volonté de l’éditeur de désamorcer un contentieux juridique potentiellement coûteux, les précédentes condamnations pour des motifs similaires ayant entraînées des amendes de près de deux milliards de dollars. Il n’en reste pas moins que cette mesure imposée par la commission peut surprendre compte tenu de la perte d’influence d’Internet Explorer, notamment en Europe, et par le succès grandissant de FireFox qui a franchi le cap du milliard de téléchargements.

De fait, commission ou pas, rien n’empêchait un utilisateur de Windows de télécharger le ou les navigateurs de son choix et on peut s’interroger sur les effets concrets d’une telle mesure.

Qui plus est, cette ouverture imposée contraste avec les pratiques d’autres constructeurs comme Apple ou Google qui n’envisagent pas de proposer d’autres choix que leurs navigateurs, Safari et Chrome, sur leurs plateformes respectives.

Il est probable qu’au final, cette mesure n’ait que peu d’influence sur les habitudes des internautes.

Les utilisateurs avertis ont déjà installé depuis longtemps des navigateurs complémentaires tels que Firefox ou Chrome. Il est peu probable que cette procédure les amène à changer d’outil. L’utilisateur occasionnel risque par contre d’être dérouté par la question qui va lui être posée, surtout si après installation il ne trouve plus trace d’Internet Explorer sur sa machine … L’impact de cette mesure va sans doute modifier les parts de marché à la marge mais il est probable qu’in fine les choses restent grosso modo en l’état.

En forçant l’utilisateur à faire un choix, la commission se comporte comme si ce dernier était incapable de prendre une décision par lui-même, ce qui n’a rien de très positif ni de très valorisant.

Ce sont généralement les caractéristiques des logiciels qui déterminent leur adoption par les utilisateurs. En ce sens, l’avenir de Firefox, Chrome, Internet Explorer ou Safari dépendra plus des qualités de leurs futures itérations que des décisions d’une autorité administrative.