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Comment se protéger du phishing ?
Cette technique de piratage qui consiste à usurper
l’identité de sites institutionnels en vue de récupérer des données
confidentielles a le vent en poupe, si l’on en croit la multiplication
récente des attaques de ce type. Analyse et conseils de prévention.
Le phishing (jeu de mots anglais que l’on traduit par
hameçonnage) est une escroquerie consistant à tenter de récupérer les
données personnelles - mots de passe, codes bancaires, numéros de
téléphone... – d’utilisateurs peu avertis. Le mode opératoire consiste à
envoyer un courriel usurpant l’identité d’une institution reconnue en vue de
demander au destinataire la confirmation de ses données personnelles.
Si vous avez reçu par le passé des courriels, en
provenance d’institutions dont vous n’étiez pas clients, vous demandant de
mettre à jour vos données personnelles, vous savez par expérience ce qu’est
le phishing.
Cette technique de piratage a d’abord visé les
clients d’établissement bancaires avant de s’étendre à d’autres secteurs
d’activité comme les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d’accès
Internet et même des organismes gouvernementaux comme le ministère des
finances.
Récemment des campagnes de phishing ont pris pour
cibles les bénéficiaires de la CAF, les clients de LCL, de ,PayPal,
d’Orange, de Free, les contribuables ….
Toutes les entreprises et les secteurs d’activité
sont désormais potentiellement concernés et il importe d’avoir conscience
des mécanismes à l’œuvre ainsi que des mesures de précaution indispensables
pour se prémunir contre ce genre d’escroquerie.
Du bon sens avant tout !
Il aura fallu quelques années pour que l’internaute
lambda finisse par comprendre qu’il était dangereux de cliquer sur des liens
envoyés par des inconnus. Il va maintenant falloir faire entrer dans les
habitudes qu’il est prudent d’exercer la plus grande suspicion vis-à-vis de
courriels apparemment émis par des autorités insoupçonnables.
La première notion à avoir à l’esprit est que les
sites institutionnels ne demandent qu’exceptionnellement, voire jamais, la
communication de données personnelles par voie d’email ou sur leur site en
ligne. Toute demande de ce type doit être considérée avec la plus grande
méfiance et vérifiée le cas échéant auprès de l’institution concernée.
Les exceptions à cette règle sont bien évidemment la
phase d’inscription au service en ligne ainsi que la procédure de commande
dans laquelle vous êtes invités à entrer vos codes bancaires.
* Dans le premier cas de figure, une règle de
prudence consiste à consulter le site en entrant directement son adresse
dans le navigateur, plutôt qu’en cliquant sur un lien inséré dans un
courriel. Une fois connecté sur le site légitime, on pourra généralement
remplir le formulaire voulu en toute sécurité.
* Concernant les paiements en ligne, l’échange de
données bancaires est toujours sécurisé par le navigateur au moyen du
protocole « https » et une icône apparaît vous signalant que la
transaction est protégée. Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux ne pas mener
la transaction à son terme.
D’une façon générale, si vous prenez le temps
d’examiner dans le détail les courriels suspicieux, vous trouverez souvent
de nombreuses fautes d’orthographe ou de syntaxe, des formulations qui
fleurent bon les traductions approximatives, des problèmes de gestion des
accents et enfin des URL tortueuses n’inspirant vraiment pas confiance. Au
moindre signe de ce type, débarrassez-vous immédiatement du courriel en
question ou contactez l’organisme censé vous avoir adressé cette
correspondance.
A noter l’ouverture par le gouvernement d’un portail
(Internet-signalement.gouv.fr)
consacré aux escroqueries en ligne qui permet de signaler les escroqueries
dont on est témoin mais également d’accéder à une série de conseils pour se
protéger. Ironie des pirates, en consultant la liste des actualités du site,
on prend connaissance des dernières tentatives d’escroquerie recensées dont
celle qui consiste à se faire passer justement pour
www.internet-signalement.gouv.fr …
De la nécessité de disposer d’outils de
navigation récents
Les autres mesures de protection sont de nature plus
technique et consistent à vérifier que l’on dispose, dans son entreprise
comme à domicile, des outils appropriés pour se protéger.
Les passerelles de sécurité déployées en entreprise
combinent souvent plusieurs outils de protection réunies en un boitier
unique. Ces boitiers, dénommés « appliance » dans le jargon technique
intègrent des fonctions de filtrage, de pare feu, d’anti virus mais
également des mécanismes permettant de vérifier les URL douteuses.
Pour le particulier, l’important est de disposer des
dernières versions de navigateurs, en particulier de la version 8 d’Internet
Explorer et de Firefox 3.6.
Internet Explorer 8 est doté d’un outil dénommé
SmartScreen Filter, activé par défaut, qui permet grâce à une liste noire de
sites Web, d'être informé via un message d'alerte lors de la navigation sur
un site à risque (la barre d'adresse vire alors au rouge).
Firefox et Chrome de Google offrent un mécanisme de
protection similaire qui télécharge régulièrement une liste de sites
malveillants mis à jour en permanence.
Perspectives de solution à long terme
Le phishing est un phénomène récurrent qui ne peut
aller qu'en s’intensifiant, sans que les autorités puissent réellement
combattre ce fléau. Une partie du problème tient aux méthodes
d’authentification « faibles » utilisée pour s'authentifier. L’usage d’un
compte utilisateur associée à un mot de passe, même fort, est une technique
qui a fait son temps et qui mérite d’être remplacée.
La généralisation de l’usage de certificats
numériques réduirait significativement les chances de succès des attaquants.
En attendant que l’usage de ces techniques se
généralise, garder à l’esprit qu’Internet est un continent dangereux et user
de son bon sens restent encore une fois la meilleure des protections
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