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Internet Explorer, Chrome, Firefox, Opera… un marché des navigateurs en
plein effervescence
Si Microsoft domine sans conteste le marché du PC
avec Windows, la situation est beaucoup plus ouverte concernant le
navigateur Web, une application dont l’importance stratégique s’accroît au
fur et à mesure où les services Web prennent une place de plus en plus
importante. Tour d’horizon des évolutions récentes dans ce domaine.
Contrairement à la situation de monopole de fait dont jouit Microsoft sur
le PC, l’éditeur doit faire face à une pression accrue pour conserver à
Internet Explorer une position dominante contestée par la fondation Mozilla
(à l’origine de Firefox), Google avec son navigateur Chrome et dans une
moindre mesure Safari d’Apple ou encore le navigateur Opera d’origine
norvégienne.
Au mois de décembre 2009, la commission européenne et Microsoft
annonçaient avoir conclu un accord destiné à assurer les conditions d’une
concurrence équitable sur le marché des navigateurs.
Pour la commission, l’objectif consiste à donner à chaque utilisateur de
Windows la possibilité de choisir d’installer le navigateur de son choix, là
où Microsoft ne proposait qu’Internet Explorer par défaut.
Concrètement, à partir du mois de mars 2010, chaque utilisateur de
Windows XP, Vista et Windows 7 téléchargera automatiquement, via Windows
Update, une page l’invitant à choisir un navigateur parmi une liste
comprenant douze choix !
Une première page affichera dans un ordre aléatoire les cinq principaux
navigateurs, c'est à dire Internet Explorer, Firefox, Chrome, Safari et
Opera. Une seconde page donnant accès à des navigateurs plus exotiques qui
ont pour nom : AOL, Maxthon, K-Meleon, Flock, Avant Browser et Sleipnit !
Le téléchargement du navigateur voulu s’effectuera depuis cette page, ce
logiciel devenant alors le navigateur par défaut du PC. A noter que cette
installation ne supprimera pas pour autant Internet Explorer du PC, sauf si
l’utilisateur de Windows 7 le demande explicitement, cette version de
Windows permettant de désinstaller certains composants du système.
Il reste à voir quelles seront exactement les conséquences d’une telle
mesure sur les parts de marché des navigateurs, les utilisateurs avertis
ayant déjà fait leur choix en installant si nécessaire Firefox ou Chrome en
complément d’Internet Explorer. Pour les autres, il est probable que le
choix qu’on leur demandera de faire les laissera assez perplexes… On peut
également estimer que peu d’entreprises remettront en question leur choix de
navigateur à cette occasion.
Indépendamment des actions de la commission européenne, les différents
acteurs en présence continuent à pousser leurs pions.
Lentement mais sûrement, Firefox continue à grapiller des parts de
marché, même après que Microsoft ait lancé une version 8 d’Internet Explorer
au printemps dernier.
L’adoption de Firefox continue à progresser régulièrement au point que
ce navigateur peut désormais se targuer d’être le navigateur le plus
populaire du marché, juste devant Internet Explorer 7, avec une part de
marché globale estimée à 22 % contre 21,20 % pour le navigateur de
Microsoft.
Microsoft continue à dominer le marché avec une part de marché globale de
l’ordre de 65 %, toutes versions confondues (IE6, 7 et 8), mais l’éditeur a
perdu cinq points en un an.
Lancé il y a tout juste un peu plus d’un an, le navigateur Chrome de
Google réalise une percée significative avec environ 40 millions
d’utilisateurs (ce qui équivaut à une part de marché de 3.5 %), ce qui le
place devant Safari d’Apple (à 3 %), en troisième position des navigateurs
toutes plateformes confondues.
Google investit significativement pour promouvoir Chrome, campagnes de
publicité en ligne à l’appui. Il est intéressant de noter que les progrès de
Google ne peuvent se faire qu’au détriment, au moins en partie, de l’usage
de Firefox, les utilisateurs déçus d’Internet Explorer s’étant déjà pour la
plupart reportés sur ce navigateur. Quand on sait que les revenus de la
fondation Mozilla à l’origine de Firefox dépendent à 95 % de Google (en
échange du placement du moteur de recherche sur la page d’accueil par défaut
de Firefox), on peut s’interroger sur la pérennité des relations entre ces
deux sociétés.
Loin derrière, autour de un pour cent, on trouve Opera Software,
l’éditeur Norvégien à l’origine de la plainte qui devait amener la
commission européenne à imposer à Microsoft la mesure détaillée plus haut.
Opera est un navigateur qui est surtout populaire sur les smartphones en
remplacement de la version Internet Explorer de Windows Mobile.
Que devient Internet Explorer dans ce contexte ?
Microsoft est évidemment conscient de la dégradation de sa position sur
ce créneau stratégique. A l’instar des années 90 où Microsoft affrontait un
Netscape alors dominant, l’éditeur essaye de rattraper le terrain
perdu en accélérant la cadence du développement d’Internet Explorer.
Internet Explorer 7 constituait une première réponse à Firefox après la
débâcle d’IE 6. Internet Explorer 8, sorti au printemps dernier, cherche à
se démarquer fonctionnellement mais pêche encore par ses performances en
retrait de la concurrence. Internet Explorer 9, actuellement en cours de
développement, cherchera à combler le gap de performance et même à innover
dans ce domaine si l’on en croit les premières démonstrations effectuées en
novembre dernier par Microsoft. On devrait voir arriver une première beta
d’Internet Explorer 9 en 2010.
Quoi qu’il en soit, la bataille que se livrent ces différents acteurs a
permis de relancer un marché délaissé par Microsoft. Cet affrontement
se traduit par une nouvelle génération de navigateurs, aux performances
accrues, plus sécurisés, plus riches fonctionnellement et qui bénéficient de
ce fait à tous les utilisateurs.
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