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De la nécessité d’impliquer les consultants dans des communautés d’experts
La complexité croissante des technologies auxquelles
un consultant est confronté ne lui laisse que deux choix pour faire son
métier : utiliser Google comme outil palliatif à son besoin d’information ou
bien rejoindre une communauté d’experts.
A quoi peut-il servir pour un consultant de rejoindre
une communauté technique ?
Cette démarche que beaucoup qualifieraient
aujourd’hui d’iconoclaste représente pourtant la seule solution permettant à
un consultant de trouver les réponses dont il a besoin dans un contexte qui
évolue très vite.
Rares sont les sociétés de service qui jouissent
d’effectifs suffisants pour permettre un réel échange d’informations entre
consultants travaillant dans un même domaine technique. D’une façon
générale, le consultant est disponible pour les clients, pas pour
l’interne.
Si on interroge un consultant, comme j’ai été amené à
le faire dans une société de services de taille importante, et qu’on lui
pose la question de savoir : où allez-vous pour trouver l’information dont
vous avez besoin, dans six cas sur dix la réponse est Google !
Il s’agit d’une approche peu professionnelle pour un
consultant qui se trouve finalement à armes égales avec un utilisateur final
en ce qui concerne ses outils d’accès à l’information. Imaginez l’effet
produit sur un client lorsque le consultant tape
www.google.com pour trouver une
solution à son problème !
Dans la plupart des sociétés de services, le réseau
interne est inexistant, le consultant encore une fois est disponible
avant tout pour les clients.
Une entreprise de services dispose d’un nombre de
consultants forcément limité, ce qui veut dire qu’elle ne trouvera pas
systématiquement les compétences dont elle a besoin en interne, et qu’elle a
absolument besoin de participer à cette démarche.
La plupart des SSII ne favorisent pas cette démarche,
quand elles ne s’y opposent pas !
Pourtant la connexion à ce type de réseau est très
largement ressentie comme une valeur ajoutée pour l’entreprise comme pour le
collaborateur. Il y a une véritable demande des consultants d’intégrer ce
genre de réseau.
La communauté
La solution consiste à rejoindre ou à constituer une
communauté d’experts autour d’un domaine spécifique intégrant des
consultants d’origines différentes, mais aussi des utilisateurs. Les
consultants, comme les techniciens en entreprise, y trouveront leur compte.
Les bénéfices pour la SSII et ses clients
Participer à ces communautés permet de valoriser la
SSII, de récupérer des missions et enfin de bâtir une base de connaissances
Du point de de l’entreprise qui fait appel à un
consultant, cela donne l’assurance d’un consultant bien formé. Si un expert
est reconnu par ses pairs, cela rassure ses clients.
A titre personnel, je m’appuie volontiers sur des
compétences extérieures, notamment dans des domaines dans lequel je sais que
je ne possède pas la profondeur de connaissances requise.
Le réseau permet de sous-traiter certaines requêtes
pour pallier a des problèmes d’indisponibilité, y compris en travaillant
avec des consultants d’autres SSII. En l’absence de compétences internes
disponibles, il s’agit de la seule solution, même si elle va à l’encontre
des pratiques établies.
De plus, la communauté casse les frontières entre
consultants et SSII. Une société de services devrait pousser ses consultants
à intégrer ces réseaux pour améliorer leurs connaissances, se former,
trouver des gens permettant de progresser. L’alternative Google n’étant pas
très pro. Le réseau pour le consultant sert à filtrer l’information.
La participation à un réseau a également un impact
sur la communication de la société de services. A la suite de discussions,
un consultant peut être amené à publier sur le blog de l’entreprise des
informations destinées aux clients.
Il peut être également utile de participer à des
réseaux qui représentent l’antithèse des technologies sur lesquelles vous
travaillez, comme la participation de certains employés de Microsoft à des
associations d'utilisateurs favorables à Linux ou à la promotion du logiciel
Open source, par exemple.
Obstacles
Un des obstacles qui s’appose à cette démarche tient
à ce qu’elle va à l’encontre des pratiques établies, qu’elle nécessite un
feu vert de la direction de la SSII à priori peu encline à le donner.
Si la communauté n’existe pas, ce qui est plus
fréquent que l’on ne le croit, il faudra la créer !
Si les éditeurs cherchent à favoriser le
développement de ces communautés, leurs efforts ne sont pas toujours
couronnés de succès parce que la communauté n’intégrera pas nécessairement
les bons profils, les leaders nécessaires et il y a également tous les
domaines qui ne sont pas couverts.
Un problème réside dans le fait de trouver les bons
réseaux et éventuellement de créer ceux qui n’existent pas. Certains
réseaux sont trop fermés, d’autres trop larges. Il est important de trouver
une taille critique assurant un fonctionnement optimum, la taille idéale
étant d’environ 500. Si le réseau est trop large, les contributions ne sont
pas forcément intéressantes.
Naturellement, les contributions des consultants à la
communauté ne sont pas facturées, les réunions sont prises sur le temps
travaillé. Une à deux journées par mois de participation est considérée
comme de la capitalisation. Ce temps communautaire est pris en partie sur du
temps libre.
Même si une communauté existe, tous les consultants
n’ont pas nécessairement le profil voulu pour la rejoindre, y contribuer et
en tirer parti. Dans la société de services à laquelle je fais référence
plus haut, seulement 30 % des collaborateurs disposaient du profil
nécessaire.
De fait, dans une SSII type, la plupart des
consultants continueront à faire du Google.
Comment développer cette démarche dans une
SSII ?
Il s’agit d’identifier les collaborateurs qui ont le
profil voulu, c'est à dire qui sont passionnés par le sujet, capable de
dégager du temps pour contribuer, qui aiment écrire et qui sont
charismatiques.
Ensuite, il faut identifier les réseaux
pertinents en fonction du domaine d’activité de la SSII
Le réseau doit organiser des rencontres, la
connaissance physique facilite la collaboration. Il doit permettre de
rencontrer des profils variés, des utilisateurs et pas seulement des
consultants. La communauté permet de faire ressortir ce qui est
important en laissant de côté ce qui est lié au business. Les conversations
sont fluides, les échanges plus intéressants que dans des évènements
organisés par des éditeurs.
Une vraie stratégie chez Orentis
Il s’agit d’une vraie stratégie chez Orentis de se
rapprocher de ces réseaux technologiques et fonctionnels.
Pour Orentis, les communautés techniques auxquelles
nous participons concernent Windows Server, la virtualisation, la
collaboration, Exchange, les messagerie unifiées, les services en ligne et
la sécurité des réseaux. Nous participons également à une communauté
regroupant des entrepreneurs.
Compte tenu de la vitesse d’évolution, du nombre de
techniques qu’il est nécessaire de « maîtriser », sans la vision transverse
apportée par des communautés, je ne vois pas comment une SSII peut garder
ses consultants. Plus l'entreprise est petite plus le réseau est essentiel.
Pour le business comme pour la connaissance.
Orentis se soit de développer son réseau de
connaissances. Il est nécessaire d’agrandir l'équipe par des compétences
externes. Le blog n'est pas l’outil le plus adapté, les réseaux sociaux le
sont.
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