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Quelles seront les conséquences de la guerre que se livrent Google et
Microsoft ?
L’annonce début juillet de Chrome OS, un système
d’exploitation développé par Google, en riposte au lancement de Bing par
Microsoft, quelques semaines plus tôt, constitue le dernier développement
d’un affrontement de plus en plus systématique entre les deux sociétés.
En dévoilant « Bing » en mai dernier, la dernière
version de son moteur de recherche, Microsoft relançait son offensive en
direction de la principale source de revenus de Google, à savoir la vente
d’espaces publicitaires sur le Net.
La réaction de Google ne devait pas longtemps se
faire attendre. Avec l’annonce de Chrome OS, quelques jours avant la
finalisation de Windows 7, Google vise à son tour une des sources
principales de revenus de Microsoft.
De son côté, l’éditeur de Seattle annonçait quelques
jours plus tard OWA (Office Web Applications), la version « web » de la
suite Office qui permettra de travailler sur des documents Office depuis un
navigateur. Cette version, gratuite, d’Office représente naturellement la
réponse de Microsoft à l’offre bureautique de son rival dénommée Google
Apps.
Enfin, l’encre est encore fraîche sur l’accord de
coopération qui lie désormais Microsoft et Yahoo pour dix ans dans le
domaine de la recherche et de la publicité sur internet.
Les annonces de ces dernières semaines sont le signe d’une intensification
de l’affrontement que se livrent Microsoft et Google, conséquence
inéluctable de trajectoires nécessairement destinées à entrer en collision.
Un des rares regrets publics de Steve Ballmer,
l’actuel patron de Microsoft succédant à Bill Gates, a été de ne pas avoir
investi suffisamment tôt dans les moteurs de recherche, faute d’avoir
réalisé le potentiel publicitaire de cette technologie. Depuis plusieurs
années, Microsoft essaye donc de rattraper son retard en investissant des
milliards de dollars dans une infrastructure « cloud computing » tout en
négociants des partenariats comme celui qu’il vient de conclure avec Yahoo
afin d’atteindre rapidement une taille critique face à Google.
Même si les résultats obtenus par Microsoft dans ce
domaine restent assez limités, il n’en reste pas moins que Microsoft
représente le seul concurrent capable potentiellement de menacer Google.
Cette réalisation a amené cette société à lancer une
série de services (GMail, Google Apps, Google Maps, … destinés tout autant à
attirer les internautes qu’à affaiblir Microsoft en diminuant ses revenus
dérivés d’Office et maintenant de Windows.
Il est bien trop tôt pour pronostiquer l’issue d’une
bataille qui tient plus de la guerre de cent ans que de la blitzkrieg. Les
deux protagonistes sont assis sur des trésors de guerre se comptant en
dizaines de milliards de dollars et ont fait preuve dans le passé de leur
ténacité et de leur capacité à innover.
En tout état de cause, il est vraisemblable que la
version Web d’Office n’eût pas vu le jour, en tout cas pas aussi vite, sans
la concurrence de Google Apps. Il est tout aussi probable que Google fera
évoluer son moteur de recherche en tirant le meilleur des idées intégrées
dans Bing.
Quelle que soit l’issue de cette bataille de titans,
la conséquence nette pour les utilisateurs prendra la forme d’une
accélération du rythme de l’innovation qui se traduira pour les internautes
par des outils plus performants, preuve qu’il est finalement des conflits
dont les retombées peuvent s’avérer positives pour le grand public.
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