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Le choix du navigateur va-t-il devenir plus stratégique que celui du système
d’exploitation ?
Selon les propres prévisions de Microsoft, 50% des applications seront
demain hébergées sur le Cloud et 75% des nouveaux usages proviendront
d'applications web. Les conséquences de ce basculement du centre de gravité
en direction du Cloud font que le client web devient logiquement
l'application cliente "par défaut".
Deux implications en découlent :
- Pour l’entreprise qui consomme des services Web, un
mauvais navigateur entraîne une dégradation des fonctions ou rend tout
simplement inaccessible une nouvelle application dans un cas sur deux.
- Pour un fournisseur de services : l’optimisation de
son offre pour un navigateur donné risque de limiter la taille de son marché
potentiel aux seuls utilisateurs de cet outil.
La concurrence de plus en plus forte que se livrent
les différents éditeurs de navigateurs pour PC conduit à une accélération du
rythme de renouvellement des navigateurs mais également à une divergence
croissante de leurs socles techniques. Les moteurs des navigateurs se
diversifient (WebKit, Gecko, Trident) et les différences d’implémentation
d’un même moteur font que le rendu d’une application risque souvent de
diverger plus ou moins fortement sans qu’il soit possible de prévoir ou de
prévenir à priori ce problème pour un développeur.
C’est ce qui explique que la seule façon de s’assurer
de l’homogénéité d’une application Web consiste aujourd’hui à réaliser son
codage en Flash ou via Silverlight.
Même si beaucoup placent leurs espoirs dans HTML 5, y
compris Microsoft qui cherche à promouvoir l’idée d’un « same markup »
(codage identique) permettant un rendu identique d’une application entre
différents navigateurs, il n’en reste pas moins que la spécification de ce
futur standard ainsi que son implémentation dans les navigateurs prendra au
mieux plusieurs années.
La multiplication des plateformes
Si le navigateur du PC représente aujourd’hui l’outil
privilégié permettant de consommer un service Web, il n’en reste pas moins
que la croissance la plus importante se situe du côté des nouvelles
plateformes que sont le mobile, les tablettes, les netbooks, la télévision,
les consoles de jeux, les objets intelligents …
Certaines de ces plateformes seront adoptées pour des
usages professionnels, c’est clairement le cas du mobile et sans doute des
tablettes ce qui impactera donc la réflexion stratégique de l’entreprise
concernant son ou ses navigateurs.
On notera que Microsoft n'est que peu présent, ou en
perte de vitesse en 2010 sur ces plateformes.
L’éditeur est également dans une posture peu
favorable dans les pays émergents de la zone BRIC (Brésil, Inde, Russie et
Chine) qui vont connaître la croissance la plus forte du nombre
d’internautes dans les années à venir.
Avantages et inconvénients des méthodes de
développement de Microsoft
Microsoft est toujours sur une philosophie de
développement et de cycle de vie à la "XP/Vista/Windows 7". Cette approche
repose sur des sauts quantiques, sur une refonte plus ou moins importante de
l'interface à chaque révision, sur une revérification et une requalibration
des applications pour traquer les incompatibilités. A noter que Microsoft a
abandonné depuis quelques années le portage d’Internet Explorer sur d’autres
environnements que Windows, la responsabilité de l’exécution des
applications Web sur de Mac OS ou Linux reposant sur Silverlight.
Google et Mozilla sont plutôt sur une approche dite
"des petits pas". Par exemple le support du VPN/Proxy dans la version de 4
Chrome, la gestion de l’authentification NTLM dans la version 5 .., etc.
Concernant Google, en 24 mois celui-ci aura produit
pas moins de cinq versions. La firme de Mountain View est quant à elle
plutôt favorables à l'interopérabilité, c'est à dire au développement de son
navigateur sur de nombreuses plateformes (Mac OS, Linux, Chrome OS, Android,
…). Cette stratégie semble la plus adaptée au marché de l'internet ou les
révolutions technologiques se font et se défont à la vitesse du réseau.

Prenant acte de la nécessité d’accélérer le rythme de
ses développements, Microsoft a adopté une nouvelle démarche avec Internet
Explorer 9, la prochaine version de son navigateur attendue en 2011.
L’éditeur a diffusé deux « platform preview » du
moteur de rendu d’IE9 et prévoit de continuer à diffuser de nouvelles
itérations toutes les huit semaines afin de prendre en compte les feedback
des testeurs et des développeurs. Si cette approche contraste avec les mises
à jour très fréquentes de ses concurrents, elle présente par contre
l’avantage pour l’entreprise de présenter une plateforme relativement stable
sur laquelle planifier ses développements, ce qui explique en partie le
décalage entre les parts de marché d’Internet Explorer dans l’entreprise et
dans le grand public.
Quoi qu’il en soit, après avoir lutté pendant des
années pour conquérir ce marché à Netscape, le navigateur est devenu un
marché de défense pour Microsoft alors qu’il est un terrain de conquête pour
ses concurrents.
La situation pourrait être affectée à terme par une
possible régulation de la Commission Européenne.
Sachant que Google comme Microsoft développent à la
fois les interfaces clients (lecteurs) mais aussi des services (moteurs), la
commission qui a déjà à tranché pour la dissociation entre système et
navigateur, pourrait peut-être un jour se prononcer pour condamner la "vente
forcée" entre clients et services web s’il s’avérait que ceux-ci sont
verrouillés par un même fournisseur en termes de fonctionnalités. A titre
d’exemple qui n’est plus d’actualité, pendant longtemps la version web
d’Outlook connue sous le nom d’OWA nécessitait l’utilisation d’Internet
Explorer pour être totalement exploitée.
Prospective

Le
graphique
ci-dessus réalisé par Net Applications montre que toutes choses égales par
ailleurs, si la tendance ne s’inverse pas, Firefox pourrait devenir le
navigateur le plus utilisé d’ici quatre à cinq ans.
Il est trop tôt pour savoir si’ Internet Explorer 9
pourra ralentir voire inverser cette tendance mais l’histoire d’Internet
Explorer 7 et d’Internet Explorer 8 montre que ces deux versions n’ont pas
été en mesure de freiner le déclin des parts de marché du navigateur de
Microsoft.
Ceci étant, si les parts de marché globales
d’Internet Explorer sont récemment passées sous les 60 %, une étude récente
de
zscaler montre qu’en janvier 2010, l’ensemble des version d’Internet
Explorer en entreprise représentait
76.6 % des navigateurs utilisés, Firefox et Chrome ne comptant
respectivement que pour 9,6 % et 1,6 %.
Quelles conséquences pour les entreprises ?
A l’horizon de quatre à cinq ans, le navigateur sera
sans doute devenu la plateforme stratégique du poste client.
* Etant donné qu’il n'existe pas de référentiel de
compatibilité fourni par les éditeurs de services Web, chaque entreprise
doit construire pour le moment sa matrice de compatibilité, et analyser les
résultats afin de pouvoir orienter ses choix directeurs. Il s’agit de
déterminer les applications Web qui verrouillent le changement et de faire
pression sur les différents acteurs pour débloquer cette problématique
* Ceci étant réalisé, il faudra réalisez vos propres
tests de performance pour déterminer le client web dont vous tirerez les
meilleures performances.
* La question de la sécurité dépend plus de
l'incapacité de l'éditeur à fixer une faille ou des sites web externes à
blacklister. En tous cas, c'est une fausse piste, sachant qu'actuellement
chaque navigateur possède des failles qui lui sont propres ou liés aux
composants tiers intégrés (voir par exemple une analyse de résultat sur la
sécurité de vos navigateurs avec Secunia PSI).
* Concevoir la virtualisation applicative comme une
solution de rétrocompatibilité d'application Web nécessitant un navigateur
particulier.
* Déterminer la politique des nouveaux usages à venir
(voir ci-avant) car elle sera déterminante dans le choix du futur client web
de l'entreprise.
* Spécifier votre stratégie du client web dans les
cahiers des charges. Aujourd'hui, elle prévaut autant et demain sinon encore
plus que le système d'exploitation client utilisé
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